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Parution mars 2008
Une fresque épique où souffle l’immensité d’Abraham
Roman historique – 348 pages
René Guitton écrit ici une œuvre où l’imaginaire s’inspire des traditions et des légendes.
Présentation de l'éditeur
"Mon père m’a engendré avec l’une de ces quatre cents femmes, quatre cents favorites ou peut-être davantage qui vivaient dans son sérail. On ne les comptait plus. Lui comme moi n’avons jamais su quelle génitrice m’avait mis au monde. Toutes et aucune. Quelle importance ! Les enfants naissaient dans un enchevêtrement d’épouses dévouées à leur mari unique et qui les honorait toutes. Les nourrissons passaient de mère en mère assouvissant les frustrations des mal-aimées. Les filles disparaissaient noyées, disait-on, avant d’avoir ouvert les yeux, quand les fils découvraient la volupté charnelle du lait et des mamelles. Mi dieu mi-homme, mon père imposait ses guerres, ses idées, son histoire et chacun devait y croire. En monarque cruel il poursuivait ceux qui osaient lever la tête et qui fuyaient comme des chevaux en hordes égarées devant le désastre, pour ne laisser d’eux que des fragments de corps sur des champs de batailles."
Comment Dieu fera-t-il d'Abraham son élu ?
Ecoutez l'interview effectuée sur France Info dans l'émission de Philippe Vallet du samedi 22 mars 2008 :
Extrait
Extrait
Je venais de vivre dix-huit ans aux côtés de Nemrod , l'être le plus sanguinaire qui soit. Il avait conçu des fils par centaines tous à son image et j'étais l'un d'entre eux. Pourtant comme l'un de mes innombrables demi-frères, Elias, mon jumeau d'esprit tant nous fûmes proches, moi Eliézer j'allais me féliciter de la défaite de notre géniteur. Au terme d'un combat digne de titans, Nemrod, qui se prenait pour Dieu, fut vaincu par Abram auquel il m'offrit comme esclave. Je lui avait été donné pour le servir. Mais de nous deux qui servit l'autre ?
Mon cadet et moi étions de enfants inséparables : où l'on voyait Elias on voyait Eliézer et dans les jours qui suivirent l'échec de Nemrod, mon jeune frère s'échappa du sérail pour me rejoindre. Elias et moi avons vécu notre destin d'adulte chacun de notre côté, séparés par les distances terrestres mais reliés toujours par Abram. Mon maître très vite tint à m'affranchir et je fus tout à tour son scribe, son confident, son intendant même et aujourd'hui qu'il n'est plus de ce monde, avec Elias nous voilà devenus sa mémoire. Elle nous unit à lui à travers ce qu'il nous reste de souvenirs, à travers toutes ces tablettes que nous avons pu sauver de nos périples spirituels et physiques.
Ces mots d'argile que nous nous sommes envoyés comme ceux que nous n'avons jamais reçus, ceux que nous avons gravés avec décalage, ceux que nous n'avons jamais écrits et que nous ciselons aujourd'hui, nous voulons les recenser et les ordonner avant notre dernier souffle pour immortaliser Abram. N'attendais pas de nous un récit magnifié, la vérité se suffit à elle-même.



